Architecture un lieu

Concevoir des bureaux à son image

Par Nat Lecuppre, le 7 juin 2024.
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Les architectes ont la chance de pouvoir concevoir des lieux qui leur ressemblent. Tel est le cas pour l’Atelier du Pont. Les fondateurs et associés, Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier, ont dessiné et réalisé leur propre agence.

Chez Eux.

Situés au 9, impasse Lamier dans le 11e arrondissement de Paris, les locaux sont à l’image du savoir-faire des architectes. Cette vitrine de 900 m2 est répartie sur 4 niveaux. À savoir un rez-de-chaussée, R+1, R+2 et une toiture habitable.

Les lieux sont imaginés comme un petit laboratoire où chacun se croise et échange tout en travaillant. Au rez-de-chaussée, on trouve l’atelier maquette, un espace de coworking, une salle de réunion et une salle de sport. Le R+1 abrite l’accueil, une cafétéria qui peut devenir un lieu d’exposition selon les besoins et un showroom de matériaux de décoration. Au R+2, les espaces de travail sont en open space. Une bulle de réunion favorise le travail collaboratif. On a également une matériauthèque. Quant à la toiture, elle est aménagée pour être habitée.

Des bureaux sur mesure.

Atelier du Pont a conçu en totalité le projet. Celui-ci démontre la capacité de l’agence pour intégrer le design global dans ses réalisations.

Comme dans leurs autres projets, on retrouve comme matériau de prédilection le bois brut. Pour les architectes, le bois souligne le côté chaleureux et, en plus, son côté olfactif renforce la sensation de bien-être. Les architectes associent des teintes chaudes et colorées des peintures au bois. Elles structurent l’espace.

Une réflexion est menée avec leur propre bureau d’études intégré en éco-conception Plan 02 pour proposer des locaux reflétant leur engagement RSE. Des procédés low-tech remplacent la climatisation (stores, ventilation naturelle, brasseurs d’air…). Une attention particulière est portée aux échanges, à la diffusion des informations et à la convivialité. Les bureaux sont organisés en U autour d’un patio planté. Les équipes sont encouragées à se déplacer. Des espaces partagés à chaque étage invitent aux échanges informels, au travail collectif et à la communication.

Conçu comme un logement, l’espace de travail est rendu évolutif par la structure poteaux-poutres suivant ses futures évolutions.

L’impasse Lamier est un véritable petit cocon pour les 40 collaborateurs de l’agence. Ils sont à l’image de leurs créateurs.

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    Architecture, l'esprit du lieu

    Les nouveaux bureaux AVIV (re)

    Par Nat Lecuppre, le 28 août 2024
    AVIV, acteur de la PropTech en Europe et filiale du groupe allemand Axel Springer SE, est spécialisé dans les services immobiliers en ligne. Il opère sur le territoire français avec notamment deux de ses marques : SeLoger et Meilleurs Agents. La vocation des deux marques est d’accompagner les Français pour trouver leurs résidences, locaux et bureaux. À son tour, le groupe décide de rechercher des lieux pour son premier siège social en France. Il souhaite offrir un meilleur cadre de vie à ses collaborateurs tout en renforçant son positionnement fort et son identité. Une adresse chargée d’histoire. L’immeuble retenu est un ancien WeWork situé à proximité de l’Opéra Garnier, au 5-7, rue des Italiens à Paris (IXe). Il est performant et connecté. La superficie de 6 000 m2 se répartit sur cinq étages. Le bâtiment de 1913 signé de l’architecte Edouard Arnaud a une façade ornementée qui marque la période post-haussmannienne. L’immeuble, appelé Society Opera, a été restructuré dans les années 2020-2022 par l’agence Basselier-Jarzaguet architectes. Le site a été modernisé tout en préservant sa valeur patrimoniale. Les façades et les toitures restaurées sont restées dans l’esprit d’origine. De la transparence est donnée avec une réouverture des baies au rez-de-chaussée. Ainsi l’intérieur se prolonge vers l’extérieur et vice versa. Une grande verrière architecturale renforce le cachet de ce magnifique immeuble de bureaux et permet à la lumière de pénétrer les lieux. Society Opera est certifié HQE et BREEAM. Un immeuble performant. Society Opera accueille les mille collaborateurs du groupe qui peuvent profiter d’un cadre chaleureux et confortable. Une multitude de services sont à disposition (salon d’attente, service bagagerie, auditorium, espace bar & restauration, salle de fitness, cours de boxe, de Pilates et de yoga…). La mobilité douce est encouragée. Pour cette raison, un local sécurisé abrite vélos et trottinettes. Un atelier vélo pour les réparations est créé. Une plateforme (Cosmos) est dédiée au quotidien de ces espaces. Performant et connecté, telles sont les caractéristiques de l’immeuble. Un assistant personnel virtuel peut en moins de vingt minutes aider les usagers à trouver un restaurant, un cinéma, y réserver une place, répondre à diverses questions… Les espaces de travail sont ouverts. Ils ont tous les atouts pour séduire les jeunes talents qui désireraient travailler dans un environnement tech à la pointe. L’aménagement intérieur. Les équipes Design & Project de CBRE ont imaginé un concept pour chaque étage. Les collaborateurs découvrent un décor singulier du R+3 au R+7, tout en étant harmonieux et fonctionnel. Au troisième étage, l’Univers Voyage se décline autour du concept Terracotta. On a une ambiance méditerranéenne avec des jeux de matières et de coloris de terre cuite. Au R+4, l’Univers Urbain autour du concept Urbex, à l’esprit industriel et rock. Les matériaux sont bruts. On trouve des éléments industriels, des néons et des tonalités rouges. L’ambiance Zen autour du concept Rinzai prend place au R+5. Les plantes, le bambou, la paille et les couleurs naturelles renforcent cet esprit de tranquillité. Le R+6, est plus coloré et pop avec un concept Arty. Quant au R+7, on a un concept French Riviera. Du rooftop, on a une vue
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    Savoir-Faire

    Okko Éco-Co-conception

    Par Lionel Blaisse, le 5 février 2025
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    Urbanisme

    Beaumont, le maire, les architectes et les locataires

    Par Anne-Marie Fèvre, le 1 décembre 2023
    Sous les châtaigniers ardéchois ont poussé six Bogues, des logements sociaux. Écologie, autoconstruction, chantier participatif ont nourri cette démarche rurale pionnière entre élus, Nouveaux commanditaires, l’atelier Construire et les habitants. « En mai 1968, nous n’avions pas réussi à changer le monde. Alors, j’ai eu envie de créer mon petit monde à moi. » C’est ainsi qu’en 1974, Pascal Waldschmidt, polytechnicien né en 1949, quitte la ville pour s’installer à Beaumont et ses quatre hameaux : Le Blat, Sarrabasche, Issac et La Roche. Situé sur l’une des pentes du coteau cévenol de l’Ardèche du sud, ce cul-de-sac, déserté et en ruines, ne comptait plus que 162 habitants. L’ancien citadin vit là en communauté, ils retapent de vieilles maisons, s’orientent vers l’agriculture : élevage de chèvres, de cochons, et récolte de châtaignes… Mais la petite bande explose. Lui reste, avec sa femme, tout à son cocon rural. Le couple a des enfants, il va s’investir dans la vie locale pour l’école, lui devient conseiller municipal, puis maire de 2001 à 2020. Édile actif et implanté, il est à l’origine, avec le conseil municipal, de la construction de logements sociaux dans son village. Alors qu’une vie locale se ranime peu à peu à Beaumont, le déclin de l’agriculture et le vieillissement de la population ne permettent pas d’attirer de jeunes actifs. « Les jeunes n’avaient pas les moyens d’habiter là, explique Pascal Waldschmidt, la moitié des résidences sont secondaires, très chères, il n’y a pas de locatif privé. On a transformé trois ruines en logements, mais cela nous est revenu plus cher que du neuf. On a alors imaginé construire du neuf. On a acheté un terrain, une ancienne châtaigneraie à Blat, et on a élaboré un PLU ». Mais avec qui construire ? Il y a beaucoup d’heureux hasards à Beaumont, lieu de passage l’été. Les élus rencontrent une médiatrice des Nouveaux commanditaires de la Fondation de France (1), Valérie Cudel. Elle va accompagner ces apprentis maîtres d’ouvrage pour passer commande d’une œuvre d’art, ici un projet d’architecture. Après avoir exploré diverses pistes, ils se tournent vers l’atelier parisien Construire. Une première rencontre, fructueuse, a lieu avec Patrick Bouchain en 2008. Autour de Construire ensemble (2), ils se comprennent à merveille. Ils optent pour la conception de huit habitations. Le chantier sera aussi suivi par les architectes Loïc Julienne et Sébastien Eymard. Une banque d’eau C’est un système qui s’inspire des civilisations anciennes, dont les Perses. Il a fait ses preuves à Madagascar, grâce à Thierry Labrosse, un entrepreneur franco-malgache spécialiste de la dépollution d’eau. Il a inventé le REEPS, un réservoir d’eau enterré rempli de sable. Ce processus a vite intéressé Pascal Waldschmidt pour Beaumont. « Car on est juste en eau, explique-t-il, il y a 260 habitants, mais 1 200 en été. Et on n’a pas le droit de capter l’eau les sources ». La commune s’est lancée, la première en France, et a implanté l’été dernier cette « nappe phréatique artificielle » près du col des Cayres. L’eau de source est stockée et enterrée dans une bâche hermétique, le sable a été

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