Architecture, l'esprit du lieu

Curiosity à l’heure nippone

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Par Nat Lecuppre, le 16 mars 2026.
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© Satoshi Shigeta

Après la boutique de Rolex sur l’avenue Chu-Dori à Ginza, Gwenaël Nicolas et son agence Curiosity signent le nouveau flagship à Omotesando, la rue la plus branchée de Tokyo.

Gwenaël Nicolas sait avec finesse et subtilité faire une belle démonstration de son savoir-faire architectural et de l’art de vivre à la française au travers de ses réalisations. Il joue avec les matériaux, les coloris, la lumière et les contrastes pour concevoir des lieux d’exception. Ce projet en fait partie.

Un effet cinétique.

La boutique à la façade verte ondulante est constituée de trois étages. Elle a la particularité d’abriter le premier espace de vente CPO au Japon. Elle est une vitrine de la marque au design singulier et emblématique. Pour son concept architectural, Curiosity opte pour le vert, couleur de la maison Rolex. Le regard des passants est attiré par la façade composée de fines lattes qui créent un effet de mouvement. Elle interpelle et invite à entrer dans le magasin. Au rez-de-chaussée, l’univers entièrement vert révèle une série de cadres emblématiques de la maison. L’ambiance est chaleureuse et aspire à la zénitude.

Les matériaux retenus sont sobres et élégants. Le vert se marie au côté japonisant. Les tonalités sont douces. Le travertin et le bois de sen soulignent l’atmosphère sereine et chic. Au sol, on a de la pierre. Le plafond brillant et le vert profond sont mis en exergue par des motifs en relief de chaque côté. Un comptoir au design unique procure à l’espace une sensation de mouvement et amplifie l’un des motifs. Dans l’espace de vente, un travertin clair au sol confère une ambiance intime et immersive. Des persiennes verticales sont conçues pour les lieux afin d’offrir plus de confort visuel.

Le vert, une couleur pour repère.

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    Architecture, l'esprit du lieu

    À Noirmoutier, l’hôtel Punta Lara entame sa mue

    Par Sipane Hoh, le 30 janvier 2026
    Après une rénovation intégrale et une importante mise aux normes, l’hôtel Punta Lara et son restaurant l’Atlantide ont rouvert au public. L’ensemble, réhabilité avec habileté, porte la signature de l’agence nantaise d’architecture et de design Bureau Gimbert Comy. L’agence d’architecture et de design Bureau Gimbert Comy, établie à Nantes et à La Beaule, a été fondée par Lionel Bureau qui avait conçu, en 1975, les 60 chambres du fameux hôtel Punta Lara de Noirmoutier. Cette année, l’agence vient de terminer la réhabilitation de cet équipement hôtelier en harmonie avec l’esprit du lieu et la philosophie de l’époque. Située entr e océan Atlantique, marais salants et forêts de pins maritimes, l’île de Noirmoutier offre un environnement privilégié. C’est au cœur du bois des Éloux, un site classé qui se situe entre L’Épine et La Guérinière, que prend place l’hôtel Punta Lara, un établissement qui s’inscrit dans cette nouvelle tendance d’hôtels lifestyle, entre village de vacances balnéaire et boutique-hôtel nature et design. Tout en menant un fin travail de réhabilitation sur les bâtiments existants, David Comy a préservé l’architecture de l’hôtel. L’ensemble a été remis aux normes actuelles de confort, d’hygiène et de sécurité. L’opération consistait à réhabiliter les 60 chambres de l’établissement et son parc, notamment son tennis, son jardin, son parking, mais aussi le restaurant, les salons, les bars, la réception et la piscine. Les travaux ont inclus la réfection des toitures ainsi que l’accès à l’hôtel pour les personnes à mobilité réduite. L’intervention a nécessité une grande connaissance des lieux mais aussi une capacité d’adaptation pour révéler l’existant et y adjoindre des nouveautés. En somme, redonner ses lettres de noblesse à un établissement vieillissant mais toujours attractif. Ainsi, en s’inspirant de l’esprit du lieu, les architectes ont imaginé pour l’hôtel un caractère qui sent bien la fraîcheur et la convivialité. Dans son geste, l’agence d’architecture et de design Bureau Gimbert et Comy a opté pour des couleurs intemporelles comme le blanc, le beige et le bleu. Les matériaux choisis sont authentiques et naturels, nous pouvons citer le bois et la toile, qui s’allient à merveille avec l’esprit bohème du lieu. Cet éventail de teintes, de matières et de textures nous rappelle l’architecture vendéenne typique avec une pointe d’envie d’évasion. Quant au restaurant L’Atlantide et ses deux bars, ils accueillent les visiteurs dans un cadre épatant, tandis que la vaste terrasse située face à la piscine affiche une ambiance chaleureuse. Par ailleurs, en revalorisant la dune sur laquelle se trouve l’établissement, en mettant en place des partenariats avec des acteurs locaux et en introduisant une végétation luxuriante et abondante, l’hôtel Punta Lara s’ancre dans son environnement naturel et s’impose comme un établissement de charme paisible et élégant. Les travaux menés avec une grande vigilance montrent un véritable savoir-faire qui a donné naissance à un projet unique. Ce dernier perpétue l’histoire tout en s’ouvrant vers l’avenir !
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    Archi Culture

    LAN Architecture à Rennes, la création d’un symbole

    Par Sipane Hoh, le 3 juillet 2024
    LAN Architecture (Local Architecture Network) possède un panel large de réalisations qui ne se ressemblent pas mais dont chacune d’elles explore une pensée à part entière. À Rennes, Benoît Jallon et Umberto Napolitano ont engendré un projet où la forme dépasse allègrement la fonction. À Rennes, au sein d’un territoire en mutation, dans la ZAC Baud-Chardonnet, situé le long de l’axe François-Château, un projet signé LAN Architecture fait sensation. L’ensemble, qui se caractérise par son minimalisme formel, constitue la première pièce d’une fraction de ville et endosse le rôle de parangon pour la série d’édifices qui vont le suivre. « Le projet devait se positionner dans un territoire en développement et assurer une transition avec le quartier en devenir », souligne Umberto Napolitano, l’un des deux fondateurs de LAN Architecture. Que ce soit par sa taille ou par sa forme, cette réalisation remarquable souffle le renouveau et impacte désormais la vie future du quartier. Pourtant, rien n’a été facile. Le projet est complexe, il se compose de deux programmes qui cœxistent au sein d’une même enveloppe où chaque groupement est connecté par un noyau de circulation vertical interne avec ses propres commodités. Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), à caractère administratif, côtoie le Centre d’incendie et de secours (CIS) dans un ensemble en forme de T qui a permis d’optimiser les circulations des usagers au sein du bâtiment et d’optimiser leurs temps de trajet. Pour satisfaire le fonctionnement du programme, les architectes ont opté pour une façade commune à tous les espaces qui constituerait, selon eux, l’alternative la plus efficace. Ce n’est pas la première fois que LAN Architecture explore les champs du possible et érige une façade abstraite, bien au contraire, il s’agit pour les architectes d’une constante qui constitue l’une des griffes de l’agence, celle où la configuration d’un projet se cache derrière un monolithisme assumé. « Comprendre l’espace pour réinventer l’espace » étant l’un des principes de LAN Architecture, à Rennes, les architectes ont réinventé un modèle qui s’apparente à une façade non définie derrière laquelle cohabite un monde alambiqué. Notons par ailleurs que le recours à la structure poteaux-poutres et le choix d’un module de façade facilitent une éventuelle reconfiguration future. De même, le module de fenêtre répété rend l’intérieur facilement aménageable. Certaines ouvertures, situées sur la façade donnant vers le sud, sont traitées en façade rideau suivant les fonctions des espaces contigus. Tandis qu’en journée, grâce aux ouvertures, nous pouvons deviner la vie intérieure, la nuit, l’ensemble se transforme en une lanterne. Rappelons par ailleurs que, dans ce projet, la partie vouée au vide est conséquente. En effet, la fraction bâtie constitue seulement 3 900 m², le reste étant composé d’une aire de manœuvre, d’une aire de giration pour les véhicules de secours et de parkings pour véhicules légers, et représente 11 700 m² d’emprise au sol. Les architectes ont préféré implanter l’ensemble construit d’une manière à composer un front urbain sur l’avenue François-Château tout en créant un périmètre arrière au bâtiment où est concentrée la totalité du fonctionnement viaire du site. Ce « morceau tectonique » qui donne une structure
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Patrimoine et contemporanéité

    Par Nat Lecuppre, le 9 janvier 2025
    Le Studio d’architecture et de design Studio Vincent Eschalier est reconnu pour son savoir-faire et son ambition de créer des lieux singuliers aux détails soignés associant brutalité de l’existant et noblesse des matériaux défiant toute temporalité. Tout récemment, Vincent Eschalier a réhabilité un immeuble du XVIIe sur les Grands Boulevards à Paris. À proximité du Grand Rex, l’immeuble dont l’entrée se fait au 38, rue du Sentier, était autrefois une bâtisse familiale. Au fil du temps, de ses propriétaires et des usages, son architecture a été modifiée. Il a connu la création d’ailes, de verrières, des travaux de surélévation… L’édifice, réparti sur 3 000 m², dispose de cinq étages et d’un sous-sol. Pour l’architecte, le site détenait un haut potentiel architectural et patrimonial. Comme il excelle dans ce domaine, il a su conjuguer à la perfection passé et modernité. L’immeuble accueille un siège social et des commerces en rez-de-chaussée. Des éléments sont restaurés à l’identique comme les façades qui conservent leurs volumes historiques en adéquation avec l’architecture vernaculaire. Seul le socle commercial est revalorisé par un nouveau revêtement en granite gris foncé, plus contemporain. Les espaces de travail conçus sont sobres et mettent l’accent sur le bien-être des usagers. Dans un souci d’harmonie et de cohérence, le Studio Vincent Eschalier a eu en charge le choix du mobilier. Des bureaux créés sur mesure par MVE-Collection, la branche design du Studio Vincent Eschalier, sont en bois clair et gomme de lin. Des pièces de designers comme Axel Chay, Margaux Keller, Duplex Studio et des maisons d’édition (Silvera, Movimento, Petite Friture) sont sélectionnées. Pour aérer les lieux, des plantes prennent place à tous les niveaux. Tout est pensé dans le moindre détail pour optimiser les espaces. Des placards sur mesure sont installés dans les tisaneries et les espaces de travail. L’ambiance souhaitée pour l’aménagement intérieur est décontractée, sobre et lumineuse. Les murs laissés bruts se conjuguent avec les essences de bois retenues. L’atmosphère est donc plus chaleureuse. Les éléments techniques et structurels sont laissés apparents au plafond. Pour une uniformité, ils sont peints en blanc. Les escaliers d’origine sont conservés et rénovés. Un revêtement minéral marque les espaces de vie et de circulation. Les sanitaires sont parés de pavés en terre cuite et l’atrium de dalles de pierre posées en opus incertum (technique de pose de dalles de dimensions et de formes différentes et de manière aléatoire). La cour centrale – surplombée d’une imposante verrière – devient un lieu de vie baigné de lumière naturelle. Aux derniers étages, un second espace de vie bénéficie d’un accès direct à la terrasse depuis une mezzanine, offrant aux usagers offrant un véritable écrin de nature au cœur de la ville. Cette réhabilitation vient s’ajouter à la liste des projets couronnés de succès de l’architecte et de ses équipes.

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